Posts by "Marie-Agnès"

Le Stade de Reims au firmament

L’ŒIL DU SUPPORTER

Mardi 19 septembre 2017, 8e journée de la Domino’s Ligue 2 de 2017-2018.

Stade de Reims (2e à 15 points)  –  Gazélec Football Club Ajaccio (14e à 9 points)

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Après SDR-Brest, si le résultat n’était pas au rendez-vous, notre fidèle supportrice et écrivain Marie-Agnès se voulait enthousiaste quant au contenu proposé et aux intentions des Rouge et Blanc. Et elle ne s’était pas trompée puisque, cette semaine, elle fait le récit de la large victoire des Rémois face au Gazelec (5-0). 

Ce mardi soir, le Stade de Reims doit poursuivre son beau jeu offensif pour s’asseoir confortablement sur le podium de Ligue 2. Quant au Gazélec qui pointe à la 14e place, il tient sûrement à confirmer son succès face à Clermont. Place au foot ! Les Corses engagent mais se font vite subtiliser le ballon par des Rémois en verve. Le round d’observation s’achève à la 10e minute lorsque sur un bon centre du gaucher Diego, Chavarria se croit sur un plongeoir et ne laisse aucune chance à l’expérimenté Elana. Le stade ouvre le score, 1-0. Clameurs à Delaune. Les supporters ont tout juste le temps de se rasseoir. Sur une perte de balle d’un défenseur corse, Diego s’infiltre dans la surface, se fait faucher, Kyei tire, Elana repousse et Chavalerin assène le coup de poignard. Buut ! 2-0. « Ils font plaisir, faut continuer ainsi les gars ! » Koné intercepte sans relâche. Ajaccio reprend son souffle et s’offre un corner, bien capté par notre longiligne Mendy. Les Ajacciens sont pris de vitesse, sauf un, le numéro 14 ! « T’as vu, il y a Valbuena sur le terrain. » Peu importe la taille, Alexis Araujo est un milieu pétillant et de grand talent. Retenez bien son nom. Les Stadistes nous offrent un festival de petites passes combinées dans un petit périmètre, c’est beau ça ! Sur le fil de la mi-temps, Diego s’effondre et l’arbitre siffle un penalty. Siebatcheu le transforme et fait son show en dansant. 3-0. Le break est fait.

Quelques supporters craignant les vieux démons crient : « Faut rien lâcher ! » Les Champenois sont à l’affût et restent vigilants sur les contre-attaques corses. Faute sur Ngamukol et second penalty sifflé ! Diego s’élance et trompe Elana parti du mauvais côté. 4-0. Le coach d’Ajaccio tente le tout pour le tout en effectuant un triple changement pour conjurer le sort. Rien n’y fait. Sur son côté gauche, Diego est infatigable et ne se lasse pas de centrer. Da Cruz s’y reprend à deux reprises avec l’aide de Ngamukol pour crucifier le Gazélec. Buuuuut ! 5-0 dans un stade en effervescence. 7283 spectateurs, c’est trop peu pour voir un tel festival offensif. Revenez à Delaune ! Lorient est tombé dans le piège bourguignon et nous laisse le haut du podium. L’œil du supporter ne s’était pas trompé. Contre Brest, l’amertume de la défaite laissait présager un avenir florissant de promesses. Les Rouge et Blanc n’ont pas failli. Ce soir, ils ont brillé sous un firmament aux cinq étoiles. Juste un dernier mot, Merci.

Marie-Agnès Girault – de Francqueville

L’œil du supporter : le derby Reims-Troyes, champagne !

Lundi 19 décembre 2016, 19e journée de la Domino’s Ligue 2.

Stade de Reims (6e à 30 points)  –  ESTAC Troyes (4e à 32 points)

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Abonnée en tribune Jonquet, Marie-Agnès nous replonge, à travers la fidèle rubrique l’œil du supporter, dans la chaude ambiance d’un Delaune copieusement garni à l’occasion du derby champardennais.

Soir de Derby champardennais à Delaune pour un enjeu passionnant. Troyes peut décrocher le titre de champion d’automne, et Reims celui de dauphin de Domino’s Ligue 2. « Allez les Rouges. » Descendant du firmament, le Père Noël incarne le douzième homme sur le terrain. Et c’est parti, Reims montre les crocs. Le jeune Oudin injecte du sang neuf à l’attaque, adresse un bon centre capté par Samassa, le portier troyen. Diego fait de même à gauche. L’appétit est là. Berthier frappe au but, au-dessus. Troyes semble ailleurs. Baldé mord dans le ballon. « Ici c’est Reims » enchaînent les supporters. Berthier virevolte, passe en retrait à Baldé qui tire…sur le poteau ! « Aux armes. » Oudin décale Diego à gauche qui jette un bon coup d’œil et centre sur la tête dévastatrice de Baldé, BUT ! 1-0 pour le Stade. Et les Rouges ne lâchent rien. Baldé, intenable, aperçoit Oudin à l’affût, et qui marque, 2-0. Delaune laisse éclater sa joie.

Le spectre d’Orléans plane sur la pelouse. Pas deux fois, non ! Max, mon jeune acolyte de Jonquet, se réjouit de cette domination rémoise et du bon quadrillage du terrain. « On joue bien. » Troyes sort de sa léthargie, accumule les corners, sans concrétiser. Michel Der Zacharian exhorte le public à se déchaîner. Notre bloc défensif ne rompt pas à l’image d’Amiot qui tacle dignement. Baldé ne se lasse pas de tenter sa chance de loin. Sur un coup franc de Diego, la tête de Weber oblige Samassa à se coucher. Orgueilleux, les Aubois réagissent par Niane, co-meilleur buteur de la Domino’s, dont la tête s’envole de peu au-dessus de Carrasso. Notre portier orangé frissonne de nouveau avec un tir lourdement frappé par Paye qui s’écrase sur la transversale ! Ça chauffe. Les cinq dernières minutes du temps additionnel paraissent interminables. Les supporters chantent à tue-tête « Merci les Rouges ». La copie est parfaite, et le champagne à la fête.

Marie-Agnès de Francqueville, écrivain public
www.ecrirensemble.com

L’oeil du supporter : Reims-Laval, premier revers à domicile

Vendredi 18 novembre 2016, 15e journée de la Domino’s Ligue 2.

Stade de Reims (2e à 26 points)  –  Stade Lavallois (18e à 11 points)

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SDR-LAVAL à travers la traditionnelle rubrique l’œil du supporter. 

Cette semaine, l’abonnée en tribune Jonquet, Marie-Agnès,  revient sur le manque de réalisme qui a conduit à la première défaite stadiste à domicile…

Quand Laval gagne, par deux fois seulement, le score est sans appel, 3-1, à domicile comme à l’extérieur. Alors, méfions-nous ! Il n’y a pas de match facile en football. Ne goûtons pas au bon fromage avant de l’avoir mérité. Le coup d’envoi fictif est donné par notre Miss Champagne Ardenne accompagnée de sa dauphine. Du podium de mode, passons au podium de la Domino’s Ligue 2.

Et c’est Reims qui engage, mais le pressing est lavallois. Trop relâché sans nul doute, le SDR relance mollement dans les pieds mayennais, opportunistes, qui ouvrent le but à leur milieu Alasanne N’Diaye. Carasso et Amiot sont battus. 0-1 dès la 7e minute de jeu. La stupeur traverse Delaune. L’entame est pour le moins calamiteuse. Mon voisin de la tribune Jonquet chante : « Notre équipe gagnera tant que nous aurons la foi. » Dans un froid sec, les Rémois sont frileux, attentistes, démunis d’accélérations, affolés en défense. Les Tangos sont en confiance, dynamités par leur nouveau coach Marco Simone. Kankava adresse un bon tir dévié qui rase le poteau. Traoré se démène pour centrer, sans résultat. Diego voit ses tirs s’envoler. L’arbitre siffle cette première période à l’unisson avec le public désenchanté.

Les Rouge et Blanc y croient toujours. Sur un centre bien dosé de Berthier, Diego plonge de la tête et heurte le second poteau. Quelle occasion ! Kankava se mue en une véritable plaque tournante de récupérations et de relances offensives, mais le collectif est absent ce soir. La frustration est palpable. Notre attaque semble se sauver à l’approche du ballon, c’est incroyable. Et le scénario va se répéter inexorablement à la soixante-douzième minute. Weber semble maîtriser le ballon, lorsque d’une légère pichenette du bout du pied, il se fait subtiliser le cuir par l’inépuisable N’Diaye qui fusille le portier rémois. 0-2. Le piège se referme. Notre capitaine s’allonge de tout son long, tel un acte de contrition. Amiot vient le consoler. Voilà un beau geste de sport. Le Stade de Reims n’abdique pas, mais les occasions demeurent stériles. Pour la première fois de la saison, les Stadistes s’inclinent à domicile. Souhaitons-leur d’être plus mordants et moins pusillanimes contre Nîmes, vendredi prochain.

Marie-Agnès de Francqueville, écrivain public
www.ecrirensemble.com

Et si on lisait… Chanson douce de Leïla Slimani, prix Goncourt 2016.

Les prix Goncourt me font peur. Peur de ne pas être à la hauteur, peur de ne rien comprendre, peur de ne pas savoir décrypter autant de références littéraires, peur de ne pas aimer aussi.

Mais cette Chanson douce, je l’avais choisie cet été, bien avant ce jeudi 3 novembre de la remise du prix. Une sympathie pour son auteur, un titre rassurant. Une rentrée littéraire prometteuse, c’est tout. Je l’avais feuilletée. Mais là, je m’y suis plongée et j’ai aimé, beaucoup. Un prix Goncourt simple à lire, accessible, ça existe. Et pourtant, cela commence mal, très mal. Je ne peux lire que le premier paragraphe. Ma sensibilité à fleur de peau, mue par mon histoire personnelle, ne peut se mesurer au talent de Leïla Slimani. Je triche, et passe au chapitre suivant où le tragique laisse place au récit, léger, facile, anodin presque. Oui, je ne relirai cette description du drame qu’après avoir partagé la dernière ligne : « Les enfants, venez. Vous allez prendre un bain. »  Et tout prendra sens.

Or du sens, il est ardu d’en trouver. La folie a-t-elle du sens ? Peut-on la défendre ? Dans un roman, tout est permis. Je m’attache à Louise, je la plains et l’envie, tout à la fois. Elle donne de soi, mais n’en reçoit jamais assez. Elle élabore une solution, sa solution : « Un nourrisson qui les tiendrait tout près les uns des autres, qui les lierait dans un même élan de tendresse. Qui effacerait les malentendus, les dissensions, qui redonnerait un sens aux habitudes. Ce bébé, elle le bercerait sur ses genoux pendant des heures, dans une petite chambre à peine éclairée par une veilleuse sur laquelle des bateaux et des îles tourneraient en rond… Les jours d’abattement succèdent à l’euphorie. Le monde paraît se rétrécir, se rétracter, peser sur son corps d’un poids écrasant. Paul et Myriam ferment sur elle des portes qu’elle voudrait défoncer. Elle n’a qu’une envie : faire monde avec eux, trouver sa place, s’y loger, creuser une niche, un terrier, un coin chaud. Elle se sent prête parfois à revendiquer sa portion de terre puis l’élan retombe, le chagrin la saisit et elle a honte même d’avoir cru à quelque chose. »

Lire jusqu’au délire, voilà où nous emmène l’auteur. Comme le dit si bien ma fille, Leïla Slimani a la « pression » pour son troisième roman !