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Calendes

Je lus un jour cette phrase :

 « Cette réforme est reportée aux calanques grecques. »

Pourquoi les mots n’ont-ils pas de bouclier pour se protéger des barbarismes ? Remarquez bien, elles me font souvent rire ces fautes de langage de mots déformés ou inexistants. D’autant plus que je suis la première à en faire ou à ne pas les remarquer. Des calanques grecques (ou marseillaises) aux calendes grecques, il n’y a qu’une syllabe d’écart à nos deux paronymes. Quoi qu’il arrive, cette réforme tombera à l’eau, car elle n’existera jamais. Nous allons, ensemble, découvrir pourquoi…

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Calanque de Navagio en Grèce

Si la calanque, nom féminin tiré du provençal calanco, est une crique escarpée, les calendes n’ont pas cette poésie maritime. Ce nom féminin n’existe qu’au pluriel et provient du latin calendae, « premier jour du mois chez les Romains ». Le jour des calendes, tombait donc le premier du mois, jour d’obligation pour les débiteurs de payer leurs dettes. Elles étaient consacrées à Junon, reine des dieux et protectrice du mariage, dite « Junon calendaire ». Ensuite, les Romains comptaient les jours en rétrogradant à partir des calendes du mois suivant. Par exemple, le premier jour avant les calendes d’avril était le 31 mars, jour de veille. Les ides dédiées à Jupiter, survenaient le 13 ou le 15 d’avant les calendes. Enfin, les nones correspondaient au neuvième jour d’avant les ides. L’auteur de cette réorganisation du calendrier romain n’est autre que Jules César, vers 45 avant J.-C., pour s’accorder avec les mouvements connus des astres. C’est de cette époque que datent l’année de 365 jours et l’année bissextile à 366 jours. Lorsque le calendrier romain suivait un cycle lunaire, les calendes coïncidaient avec la nouvelle lune. Ce jour-là, les pontifes ou chefs religieux annonçaient la date des fêtes mobiles (jours fériés) du mois suivant et les débiteurs devaient donc payer leurs créances inscrites dans les calendaria, les livres de comptes. Ce terme archaïque de kalendaria viendrait soit de l’étrusque soit du latin pur calenda, « ce qui doit être appelé », issu du verbe calare, « appeler ». 

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Statue de Junon

Tandis que les Romains structuraient leur temps par les calendes, les Grecs utilisaient leurs calendriers attique ou macédonien dont les mois portaient les signes du zodiaque correspondants. Jamais les Grecs ne se sont servis de calendes, exclusivement romaines. Vous comprendrez donc que les calendes grecques n’existent pas ! Ce dicton romain Ad calendas græcas solvere, « payer aux calendes grecques » signifie « ne jamais payer ». L’expression « reporter (renvoyer ou remettre) quelque chose aux calendes grecques » traduit le fait de reporter à une date qui n’arrivera jamais puisqu’elle n’existe pas ! L’empereur Auguste (63 av. J.-C. – 14 ap. J.-C.) fut le premier à formuler de la sorte un remboursement qui tardait à venir de la part de débiteurs insolvables.

De nos jours, de nouveaux adages sont venus corroborer le sens de la maxime d’Auguste. « La semaine des quatre jeudis » évoque une semaine aux quatre jours identiques, le jeudi étant l’ancien jour de repos scolaire ; cette semaine utopique n’existe pas évidemment. « À la Saint-Glinglin » remet à une date hypothétique, voire jamais. Contrairement aux apparences, le saint qui demeure imaginaire est une déformation du seing, « signal, signature » désignant en ancien français une sonnerie de cloche puis la cloche elle-même. Quant au Glinglin, prénom de choix légendaire, il serait issu d’un dialecte de Metz signifiant « sonner, résonner » lui-même lié à l’allemand klingen, « sonner » et klingel, « cloche ». « Payer à la Saint-Glinglin » se résume en définitive à payer à une cloche ! En toute connaissance de cause, je décide de reporter la béatification de « Saint-Glinglin » aux calendes grecques. 

Et les calendes n’en ont pas fini d’être contrariées. Un barbarisme de plus les guette, en embuscade. Il s’agit d’un autre nom féminin, calandre, riche en définitions. Cadre métallique ou plastique décorant et protégeant le radiateur d’une voiture, machine à rouleaux superposés pour lustrer les étoffes et les lisser, la calandre se métamorphose à l’envi en une grosse alouette.  

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Calandre pour le textile

calandre de jaguar

Calandre de Jaguar

Calandre

Alouette calandre

Gardons en mémoire qu’il est impensable de renvoyer aux calendes grecques de jolies alouettes calandres venues se nicher dans les failles escarpées des calanques des îles grecques.

Elles ont le droit d’exister !

L’œil du fan Reims-Ajaccio

 Samedi 7 novembre 2015, 13e journée de Ligue 1.

Stade de Reims (13e à 15 points) – Gazélec FC Ajaccio (18e à 9 points)

  

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 Avant-match : 19h30

Ce soir, Reims-Ajaccio est un match capital à mon sens pour repartir du bon pied. Et de bons coups de pied, les Stadistes en auront besoin. Olivier Guégan attend de ses protégés qu’ils prennent le match en main, moi aussi. Réagissez ! Allez de l’avant, combinez, anticipez, accélérez, ainsi vous ferez la différence. Heureuse du retour de Mandi et Kankava, moteurs costauds pour l’équipe, je compte sur eux pour insuffler la confiance envolée. À l’image de tous les « vrais » supporters, ceux qui ne sifflent pas, ceux qui y croient jusqu’au bout comme l’an passé, je serai derrière eux à les encourager de mes cris favoris, « Allez les Rouges ». Fidèle à la tribune Jonquet supérieur, et dans une étonnante douceur champenoise, j’attends une belle rébellion des joueurs.

« Qui ne saute pas n’est pas rémois, ohé ! »

L’échauffement est en cours. De puissants tirs de Bulot, Charbonnier, Kankava, de Préville, finissent dans les filets prêts à trembler. Devaux dévisse. Les trois arbitres, de noir vêtus, chevauchent la pelouse à l’unisson. Le groupe d’Ajaccio semble bien concentré, malgré sa tribune supportrice encore vide. À 15 minutes du coup d’envoi, Delaune est peu garni. La Marseillaise retentit, et cela reste toujours pour moi une grande émotion, indicible. Une centaine d’enfants choristes habillés aux couleurs du drapeau français rendent hommage aux anciens combattants et blessés de guerre, représentés par l’œuvre du Bleuet de France.bleuet de france

 Match : 20h, c’est parti !

De Préville engage avec Charbonnier. Le premier corner ne tarde pas à venir dès la deuxième minute avec une « têête » de Mandi…à côté. Ça joue vite, de bonnes intentions, mais cela reste stérile. Le spectacle est au beau jonglage certes, mais balle et peine perdues. Lancé par Devaux, de Préville marque…ouiii…mais il est hors-jeu. Le gardien ajaccien m’impressionne en dégageant très loin le ballon, chapeau haut. L’équipe corse combine bien et se veut agressive sur le porteur du ballon. Surgit un belle transversale de Weber à Traoré qui centre pour la tête de Diego, poteau ! Joli ballon du ventre de l’arbitre démasqué, personne ne siffle et pour cause…Reims reçoit un coup de massue à la 34e avec un but du Gazélec contre le cours du jeu sur une louche de la ligne médiane sur Boutaïb, dégagé de tout défenseur. Le hors-jeu semble la seule explication possible, mais le « couvreur » n’est autre que Signorino excentré sur la doite. Silence brutal à Delaune.  Un ange, loin d’être gardien, passe… La crise d’apoplexie n’est pas loin suite à une magnifique reprise de volée du corse Zoua, mais un arrêt réflexe du portier rémois Agassa nous redonne de l’oxygène. De l’air ! L’égalisation ne peut nous échapper, le collectif répond présent. De Préville, toujours lui, dégaine une frappe cadrée imparable, et ce gardien qui dégage haut et loin repousse d’une parade inhumaine. Qui est ce « mec » ? Ce soir, je parle de la découverte d’un nouveau gardien surprenant. J’apprendrai par la suite qu’il se nomme Clément Maury et qu’il est à l’occasion ingénieur en informatique muni d’un bac+5. Je comprends mieux ses longues trajectoires dégagées au pied qu’il a dû soumettre à des études aérodynamiques très poussées. En attendant, le stade clame son mécontentement. Les occasions ne manquent pas, l’engagement physique aussi, mais non, le compteur rémois reste en panne.compteur-de-vitesse-stack-0-260km-h-blanc

La mi-temps redonne à nos esprits du divertissement et une bouffée d’espoir. Restent 45 minutes pour égaliser, puis gagner, c’est inévitable au vu de la domination rémoise. C’est écrit, je me le répète pour mieux m’en persuader.

Les Rouges sont les premiers sur le terrain avec l’envie d’en découdre. J’assiste à une grande discussion entre Weber, Agassa et Mandi. Que se sont-ils dit ? Espérons que cela portera ses fruits. Corner d’entrée de jeu pour Reims qui installe ouvertement la pression sur le but de Maury. Mais le jeu est laborieux, des tensions sous-jacentes, et une sale ambiance s’empare de l’enceinte sportive. Guégan intervient alors, judicieusement, en faisant rentrer son duo gagnant Siebatcheu-Kyei. Je ne cautionnerai jamais les sifflements de sortie d’un joueur, en l’occurrence Charbonnier, fort agacé, auteur de belles passes et d’un bon engagement selon moi. À quand un arbitre des tribunes pour y remettre un esprit sain empreint de sportivité et où les « enculés » seraient proscrits ? Je fais un rêve, mais tout part des rêves…

L’électricité atmosphérique ne s’éteint pas dans le ciel champenois. Je tremble…et la barre de Maury, béni des dieux, repousse toujours et encore la tête de Diego. Le malicieux gardien amorce une contre-attaque éclair. Agassa se fait surprendre d’un puissant tir tendu dans sa lucarne gauche. Le score, injuste mais réel, s’alourdit, 2-0. C’est alors que l’on nous annonce le verdict des 11 393 spectateurs, comme pour doubler la punition. Coup du sort assorti de malchance d’un côté, opportunisme et réalisme de l’autre, je vous présente ma passion, le football ! L’alchimie des buteurs tarde à se manifester… Et lorsque Kyei ajuste un beau tir croisé, il marque ce but tant attendu et redonne des couleurs et de la voix au public. Allez, on y croit, moi la première. Ils le méritent, ça va le faire. Il faut emballer le match. Oui mais voilà, Thierry Laurey, le coach ajaccien, né à Troyes curieusement, l’a bien senti, et choisit ce moment stratégique pour effectuer un premier changement, et ainsi casser le rythme du jeu. La tension est palpable. Les cartons jaunes pleuvent. Agassa nous sauve de l’avanie sur sa ligne dans les arrêts de jeu. Les sifflets sévissent, et la rage se lit sur les visages. Je suis déçue pour nos joueurs. Ce n’est pas mérité, telle est ma vérité.

Que dire ? Nous perdons 2-1 en jouant plutôt bien. Les poteaux ont décidé de se liguer contre nous. Un but gag et des contre-attaques magistralement menées nous plombent le moral. Je n’ai pas les mots, plus les mots… Le foot, c’est compliqué comme la vie ! J’y crois toujours. Je m’adresse à vous, nos joueurs du Stade : « Ne lâchez rien, surtout pas, persévérez. En vous relevant, vous serez plus fort que ceux qui ne tombent jamais. »

Stade de reims

Les joueurs du Stade de Reims

Le dernier roman d’Amélie Nothomb.

Amélie Nothomb, telle une prophétesse en son genre romanesque et abracadabrantesque, nous livre sur un plateau de champagne la clé de son dernier imbroglio, Le crime du comte Neville. Le pire est évité, et le meilleur est à venir… On se croirait presque dans un conte de fées s’il n’y avait pas ce cadavre sur-le-champ.

On a beau dire, il y a du génie dans l’intrigue. La diablesse d’Amélie nous métamorphose en danseurs ne sachant plus sur quelle pointe danser. Des chapitres sans titre ni numéro aux pirouettes incessantes, le lecteur se perd dans un labyrinthe de « ressentis » ignorés : Aucassin – encore un nom à dormir debout – ferme les yeux sur la misère assassine qu’il impose à sa fille. Henri – nous voici revenus au classicisme – terrorisé par la malédiction de sa propre fille,  prénommée Sérieuse – pourquoi pas Bêtise au fait chère Amélie? – se noie dans son aveuglante colère. Vous me suivez ? 

À moins de lire ce roman farfelu autant que rocambolesque – Rocambole, voici un autre héros marginal – je doute de vos dons de voyance pour me comprendre. Alors, plongez dans le monde d’Oreste, d’Électre et de Sérieuse – trouvez l’intrus – et noyez-vous-y !

Extrait choisi : « …oui, la dernière fête qu’il donnerait au Pluvier serait magnifique. Elle aurait la déchirante splendeur d’un chant du cygne. Il ferait beau, comme toujours le premier dimanche d’octobre dans cette région. Les hêtres auréolant les murs du château arboreraient ce commencement de rousseur qui toucherait davantage qu’une jeunesse absolue. La lumière automnale sublimerait l’ineffable couleur coq-de-roche de la façade, celle que les acheteurs potentiels assassinaient toujours d’un expéditif « Faudra repeindre ! » qui inspirait à Neville un désir de meurtre… »

    

   

   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

   

   

À la pêche aux mots, Première.

 Écrire Ensemble vous propose une première partie de pêche… aux mots.

Des mots qui n’existent pas,  des mots découverts sous les rochers, de drôles de mots, de vieux mots, des mots à la mode…

Escarpolette : nom féminin vieilli, « Siège suspendu par deux cordes sur lequel on se place pour se balancer ; balançoire. »

Lascif : adjectif du latin lascivus, « Qui évoque les plaisirs de l’amour ; voluptueux, sensuel. » Ex. une danse lascive. 

⇒ Lascivement, adverbe, « De façon lascive. »

⇒ Lascivité ou lasciveté, nom féminin soutenu, « Penchant, caractère lascif ; sensualité. »

 Au débotté : expression littéraire. « À l’improviste ; sans préparation, de façon inattendue. » Ex. Prendre quelqu’un au débotté.

Débotté, nom masculin vieilli, « Moment où l’on quittait ses bottes. »

Débotter, verbe, « Retirer ses bottes à quelqu’un. »

 Hâbleur, hâbleuse : adjectif et nom soutenu, de l’ancien français hâbler, se vanter, « Qui aime à vanter ses mérites ; fanfaron. »

Hâblerie, nom féminin soutenu, « Caractère, propos de hâbleur ; vantardise. »

Hâbler, verbe, « Se vanter par des discours interminables. »

 Candidater n’existe pas, mais on l’utilise quand même !

On peut s’en étonner, car il remplacerait « se porter candidat » ou « poser sa candidature ».

Candidat et candidature existent bien, eux.

 

Quintessence

Les romans de Dostoïevski, Crime et Châtiment (1866), et de Tolstoï, Guerre et Paix (1869),
illustrent la quintessence de l’âme russe.
 

âme russe

Ce mot poétique, qui laisse échapper un soupçon de mystère, est pour ainsi dire à la mode. Du salon de spiritueux à l’édition, d’un festival international de cinéma à un hôtel canadien, en passant par des groupes artistiques, et j’en oublie… , la quintessence a de nombreux adeptes. Nom féminin, son orthographe délicate peut parfois lui faire défaut. Elle peut en effet rajouter à son palmarès de nombreuses fautes dont la plus répandue se mue en quintescence. Cette faute familière est probablement issue du mimétisme avec d’autres mots tels qu’ évanescence (qui disparaît peu à peu), déliquescence (qui se décompose, décadence), concupiscence (penchant à jouir des biens et des plaisirs terrestres), arborescence (fait de devenir un arbre, organisation ramifiée), reviviscence (propriété de certains êtres vivants de reprendre vie à l’humidité après avoir été desséchés), délitescence (désagrégation d’un corps sous l’effet de l’eau), flavescence (fait de devenir jaune doré), etc. Leur suffixe -escence signifie « qui se transforme en » ou bien indique « un état ». 

quintessence

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A contrario, notre quintessence tire son origine du latin quinta essentia, « cinquième essence » qui traduit le grec pemptousia, « cinquième substance ». Le mot latin essentia indique l’essence, la nature d’une chose. Il est lui-même dérivé du latin esse, « être, exister ». En philosophie, l’essence constitue le caractère fondamental, la réalité permanente d’une chose. L’expression « par essence » se traduit « par sa nature même », « essentiellement ». Ainsi décomposée, la quintessence s’ouvre à nous.

Mais que cache cette cinquième essence ? Aristote, Pythagore, philosophes grecs, théorisaient le monde comme une alliance de quatre éléments, la terre, le feu, l’air et l’eau, transcendés par un cinquième élément. Nommée quintessence ou Éther, cette substance « divine » servirait de médiateur universel entre les éléments. Du Moyen Âge à la Renaissance, des chercheurs alchimistes ont tenté d’extraire par des distillations successives, cette quintessence, partie la plus pure et la plus subtile d’un corps. Ils étaient surnommés « les abstracteurs de quintessence » à l’image de l’écrivain humaniste français François Rabelais (1494-1553). Dans son œuvre Pantagruel (1532), Rabelais emprunte le pseudonyme d’Alcofribas Nasier et se qualifie lui-même d’abstracteur de quintessence. Il fut le premier à utiliser la quintessence dans un autre sens : « ce qu’il y a de meilleur, d’essentiel, de plus précieux, dans une idée, un objet ou bien chez une personne.  » Ainsi, nous rejoignons le sens de notre quintessence de l’âme russe dépeinte par Tolstoï et Dostoïevski dans leurs romans un brin nostalgiques. 

Au sens figuré, la quintessence représente ce qu’il y a de plus caché, mais aussi de principal dans une affaire, un discours, un ouvrage. Comme « cinquième élément », elle s’associe également à une forme subtile, abstraite, épurée, éthérée. Préférons donc le nom de « quintessence » (avec nos deux S) ou de l’adjectif « quintessentiel » aux noms et adjectifs pourtant synonymes d’essentiel, de meilleur et de concentré

Laissons le mot de la fin à Gandhi, guide spirituel indien surnommé le Mahatma, « la Grande Âme » :

quintessence gandhi

 
« Il est assez facile d’être amical avec ses amis.
Mais lier amitié avec celui qui se considère comme votre ennemi est la quintessence de la vraie religion.
L’autre est l’affaire de simple. »
 

À vous de tirer la quintessence de mon article du mot de cette semaine…