Posts by "Marie-Agnès"

L’horizon à l’envers de Marc Levy

Les Français auraient un goût éclectique en matière de lecture entre auteurs littéraires et populaires.

Et pour ces derniers, la critique éditoriale est parfois venimeuse.

Le plaisir de lire demeure pour moi le meilleur juge-arbitre. Ouvrir une page, puis une autre, sans pouvoir en décrocher son regard. Se projeter dans un univers qui nous échappe dans sa rationalité. Ne plus être joignable. En oublier de se nourrir ou même de dormir pour se consacrer corps et âme à notre bouquin dévastateur. En oublier un peu les jolies phrases et la poésie. Se laisser dévorer par des mots alignés les uns aux autres, créant ainsi une alchimie envoûtante. Abandonner ses enfants à leur oisiveté. Lire, c’est suspendre son précieux temps. C’est aussi prendre le temps, c’est vivre enfin au présent dans un passé ou un futur façonné par son auteur.

L’horizon à l’envers, c’est un peu cela lire. Et Marc Levy nous y emmène.

Flirtant avec les avancées neuroscientifiques, trois étudiants se consacrent à la modélisation informatique du cerveau et de sa conscience. Atteinte d’une tumeur au cerveau, Hope fait perdre à ses deux compères les limites déontologiques liées à la recherche. Les émotions et les souvenirs numérisés d’un être humain peuvent alors réapparaître dans un corps en sommeil. L’horizon défie ainsi son infini laissant le champ libre à cet adage : « Rien n’est plus imminent que l’impossible. » Surgit alors de nulle part Melly, une pianiste virtuose. Et le livre recommence…

Non, pas trop de poésie à l’horizon. Oui, une histoire bleuette. Peu importe… Je suis saisie dès la première ligne, je me prends à rêver de cette magie de la science. Me voilà embarquée sans trop comprendre le lien entre ces deux histoires. Quand enfin, tout s’éclaire, l’émotion est palpable. La vérité fait mal et laisse à l’impossible son temps du bonheur. N’attendez plus, lisez.

 

L’œil du supporter : Reims-Red Star, trois points d’empochés

Lundi 22 août 2016, 4e journée de la Domino’s Ligue 2.

Stade de Reims (12e à 5 points)  –  Red Star (18e à 2 points)

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Il est de retour ! L’œil du supporter, billet de Marie-Agnès qui suit le match en tribune Jonquet, reprend ses droits. Pour ce premier numéro de la saison, c’est un œil tout ému de retrouver Delaune et sa nouvelle pelouse, après la période estivale…

Logo Red Star

stade de reims (1)

Une belle soirée estivale de football s’annonce dans un Delaune reverdi et paré de ses écrans aériens. Le rouge est à l’honneur pour le Stade de Reims et l’étoile du Red Star FC. Ces deux équipes veulent glaner des points en cette quatrième journée de ligue 2. Les valeureux visiteurs confisquent le ballon et la défense champenoise semble fébrile. Mais à l’image d’un Baldé, nouvel attaquant au numéro neuf, et du TGV rémois, Fortes, les Rouges et Blancs pétillent enfin. Le bouchon saute à la 26e minute sur un corner d’Oudin repris, comme au billard, par Da Cruz, puis Weber, notre capitaine. Le Stade est arrosé, 1-0. Le Red Star bénéficie d’un beau coup franc, mais Carrasso veille à la cuvée. Baldé se fait faucher alors qu’il partait, tel un héros, seul au but. Le carton jaune est timide… Aux jardiniers d’arroser cette magnifique pelouse hybride à la mi-temps.

Rafraîchis, les Stadistes repartent sur un rythme échevelé. La tête croisée de Baldé lorgne d’un cheveu le poteau droit. Le public debout, s’incline devant le caprice du ballon. Allez les Rouges. Profitant d’un contre, l’attaquant audonien Ngamukol égalise, 1-1, sous un ciel étoilé. Delaune gronde. La défense locale tremble, nos vieux démons ressurgissent… Empreint d’un bel esprit collectif, le salut vient d’une frappe tout en contrôle de Traoré, 2-1. Qui ne saute pas n’est pas Rémois, allez ! Les trois points sont empochés. Les hommes de Zacharian nous adressent une salve d’applaudissements, tandis que les tondeuses ronronnent déjà. Mon compère Daniel s’exclame : « C’est vrai qu’elle a déjà poussé depuis tout à l’heure. » Ne coupons pas l’herbe sous le pied aux joueurs du Stade de Reims qui remontent ce soir à la cinquième place. Vive la pelouse !

 

 

 

Parents à perpétuité de Sophie et Dominique Moulinas

Ce n’est pas un roman, et c’est effrayant…

Matthieu, 16 ans, viole une première fois, sauvagement, une jeune fille lumineuse de vie.

Insaisissable, il récidive en tuant abominablement.

Deux voix s’élèvent, envers et contre tous, celles de parents obsédés par la vérité de leur fils.

Ils veulent comprendre. Renier leur enfant est au-dessus de leurs forces.

Leur camp est choisi, malgré eux : celui d’un assassin vivant.

 

Je ferme ce livre après une lecture ininterrompue, en apnée.

Des larmes envahissent mon visage, les mots ne me viennent pas…

Que dire de l’indéfendable ?

Naît en moi un sentiment d’indécence. Une phrase ne passe pas :

« … Alors peut-être pourrions-nous essayer de passer à autre chose. »

Quand on perd un enfant, on ne passe jamais vraiment à autre chose.

Leur enfant à eux est enfermé certes, et heureusement, mais il est vivant.

L’œil du supporter : Reims – Lyon, entre exploit et tristesse

 

Samedi 14 mai 2016, 36e journée de Ligue 1.

Stade de Reims (19e à 36 points)  –  Lyon (2e à 65 points)

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 Auguste Delaune dans tous ses états : cohésion, espoir, fusion, frissons, désillusion…

Ce soir n’est pas un soir ordinaire. Seul un combat de gladiateurs sera à la hauteur de l’enjeu, le maintien en Ligue 1. Il est 21h et c’est parti à Delaune, dans un stade endossant le nouveau maillot du douzième homme. Dès la 3ème minute de jeu, Diego centre pour Devaux qui, dos au but, tente une tête audacieuse qui s’envole…sur la transversale ! Lyon réagit par une belle combinaison entre Lacazette et Fekir qui croise trop généreusement son tir, merci Nabil ! Le coach David Guion encourage ses joueurs qui défendent bien face aux dribbles redoutables de l’insatiable Fekir. Angers mène au score 1-0 devant Toulouse. Diego se charge d’un coup franc. Notre capitaine Mandi reprend le cuir au second poteau pour le loger au fond des filets. Le stade se libère, 1-0. Le maintien pointe le bout de son nez. Reims presse haut et enserre le jeu lyonnais. Bangoura chausse sa vitesse de pointe et sème la zizanie. Les supporters commencent à y croire, au miracle. « Allez les Rouges » résonnent au cœur des tribunes. Diego accélère à son tour. Les Rouges sont survoltés. Fofana se bat comme un diable. Ajaccio est mené au score 0-1 par Lorient. Toulouse rate l’égalisation sur penalty. À la 34ème minute, Kyei se lance dans une chevauchée fantastique, s’efface au profit de Charbonnier qui décale Diego…et qui marque. 2-0. À l’heure qu’il est, nous restons en Ligue 1. Le miracle est là. Delaune est en symbiose avec ses joueurs. Quelle ambiance !

Des pétards roses annoncent la fête… Les Champenois retournent au charbon et se jettent sur le porteur du ballon. Placide est vigilant. Sans crier gare, Turan arme son tir de 35m et trompe le gardien des Gones. 3-0.Le stade exulte. « Qui ne saute pas n’est pas Rémois, olé. » Des larmes de joie m’envahissent. Notre équipe est en pleine confiance. Charbonnier se fait faucher dans la surface. Penalty indiscutable. Kiey le transforme sereinement. 4-0. Les trois points sont dans la poche. Seule ombre au tableau, Toulouse égalise 1-1 par Ben Yedder. Ajaccio reste battu. Lyon, piqué dans son orgueil, réduit la marque à 4-1 par l’attaquant Cornet. Au même moment, Angers reprend la main 2-1 devant le TFC. Les visages se décrispent. Kankava poursuit son travail de sape en récupérant un maximum de ballons. À la 78e minute, Toulouse égalise 2-2. C’est la guerre des nerfs. Le maintien se fête encore au champagne. Le match se dédouble. Damien, mon informateur, se retourne vers moi, dépité. Toulouse est passé devant Angers, 2-3. Le stade se refroidit d’un coup. Mandi se bat comme un diable et se heurte au portier lyonnais. Coup de sifflet à Delaune. Les joueurs, assis sur la pelouse pour certains, guettent les deux minutes du temps additionnel angevin. Le scénario est surréaliste. Le match est fini, mais continue à 430km de là. « Allez Angers » clame-t-on aux alentours. La sentence tombe. Reims est en Ligue 2. Un jour, la tristesse s’envolera et l’espérance renaîtra. Allez Reims !

Marie-Agnès de Francqueville, écrivain public

 

 

 

L’œil du supporter : Reims – Montpellier

Samedi 30 avril 2016, 36e journée de Ligue 1.

  Stade de Reims (18e à 36 points)  –  Montpellier (11e à 43 points)

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 Rougi par la tristesse du résultat, l’œil du supporter garde tout de même une lueur d’espoir…

Pas de préliminaires ce soir, il faut entrer dans le vif du sujet dès la première seconde. « Ça va être dur, mais avec un peu de réussite… » lance mon voisin de tribune. Saint-Étienne vient de tenir en échec Toulouse 0-0. Le Stade, relégable, a donc un coup à jouer en s’éloignant de 5 points de son poursuivant. De Préville crée le premier frisson à Delaune en s’infiltrant dans la surface, tombant, stoppé par un défenseur. Puis Reims va subir la vivacité des Montpelliérains. Peu agressive sur le porteur du ballon, la machine rouge et blanche manque de cohésion. Des électrons libres se baladent, Signorino, De Préville, Charbonnier, mais ne provoquent pas d’étincelles collectives. Delaune et ses 19 716 spectateurs ne rêvent pourtant que de s’enflammer. À la 38e minute, Camara plonge d’une tête décroisée et porte son compteur de meilleur buteur héraultais à 7. C’est logique. 0-1. Un chant s’élève : « Et la Ligue 2, on n’en veut pas ». Malgré la manie de congédier le coach aux instants critiques, l’électrochoc n’a toujours pas eu lieu en cette première mi-temps. 

Courant après le score, les changements offensifs opérés apportent de la fougue au jeu rémois grâce à Diego, Bifouma et Kyei. Le réveil a enfin sonné, tardivement certes. Conté adresse une belle frappe enroulée, repoussée par le gardien inspiré Jourdren. Sur un bon centre de Diego, Oniangué trouve la transversale. Le public y croit. Diego, survolté, tire un corner à gauche, magnifiquement repris de la tête au premier poteau par Prince Oniangué, et délivre tout le peuple champenois derrière son équipe. 1-1. Deux petites minutes plus tard, Montpellier, par une troisième tête victorieuse dans ce match, cette fois du défenseur Congré, reprend l’avantage, trop vite. 1-2. « Trente secondes de joie » clame-t-on autour de moi. Et encore deux minutes plus tard, les Pailladins assomment les Rouges et Blancs d’un troisième but et transforment le stade en bûcher, attisé par les flammes du condamné. Dans le temps additionnel, Bifouma, à l’affût, réduit le score. 2-3. Reste une minute, qui ne suffira pas. Les mines sont consternées. L’ascension du Mont…pellier fut trop raide. Espérons que les calanques vertigineuses de Marseille porteront chance aux Rémois. Qui ne se bat pas n’est pas Rémois, allez !

Marie-Agnès de Francqueville, écrivain public
www.ecrirensemble.com