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L’œil du supporter : Reims-Clermont, l’explosion volcanique

 Mardi 20 septembre 2016, 8e journée de la Domino’s Ligue 2.

Stade de Reims (3e à 13 points)  –  Clermont foot 63 (6e à 11 points)

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Revivez SDR-CF63 à travers l’habituelle rubrique l’œil du supporter.

Cette semaine, Marie-Agnès, abonnée en tribune Jonquet, raconte Delaune en fusion, à l’image des volcans du Puy-de-Dôme, en toute fin de rencontre… 

Une femme est encore à l’honneur ce soir à Auguste Delaune. Première femme coache d’une équipe professionnelle d’hommes, Corinne Diacre entraîne le Clermont Foot 63. Ce sont des retrouvailles pour Michel Der Zakarian, qui fut tout près d’accéder à l’élite en 2012 avec ses anciens joueurs auvergnats. D’entrée de jeu, le Stade de Reims assoit son jeu collectif. La talonnade de Charbonnier pour Chavarria augure d’un retour aux beaux gestes techniques. Weber et Jeanvier veillent aux remparts du fort rémois. La vitesse peine encore. Mais Charbo me contredit par son débordement à gauche offrant à Kyei un but sur un plateau d’apéro. Et qui rate… Passé à droite, le numéro 10 centre de nouveau parfaitement, mais il manque quelques millimètres à notre attaquant de pointe pour une reprise fatale. Ça ne veut pas… Clermont se réveille. Carrasso secouru par sa transversale se montre à la hauteur du danger.

Survient la reprise. Dix minutes suffisent aux Rouges et Blancs pour se saisir de leur destin. L’enchaînement est un cas d’école : Chavarria décale Conte sur la droite qui centre sans contrôle pour la tête de Charbo qui fusille les filets clermontois. 1-0. Le Stade exulte. Les hommes de la coache ripostent en adressant une belle tête à bout portant. Une parade de notre ange gardien doublée d’un retourné acrobatique défensif écartent le cuir de la surface rémoise. Logiquement, les Auvergnats égalisent par Lopy, laissé sans marquage. 1-1. Retour à la case départ. Hélas, le foot est moins généreux que le Monopoly. La domination adverse est prégnante, mais la combativité est champenoise en cette époque de vendanges. Reims pousse. À la 88e, Turan s’exerce au dribble, puis ajuste un tir puissant des 20 mètres. 2-1. La sirène retentit. Delaune explose tel un volcan du Puy-de-Dôme. Le Stade de Reims s’offre un fauteuil de leader en rouge et blanc. Champagne !

Marie-Agnès de Francqueville, écrivain public
www.ecrirensemble.com

L’horizon à l’envers de Marc Levy

Les Français auraient un goût éclectique en matière de lecture entre auteurs littéraires et populaires.

Et pour ces derniers, la critique éditoriale est parfois venimeuse.

Le plaisir de lire demeure pour moi le meilleur juge-arbitre. Ouvrir une page, puis une autre, sans pouvoir en décrocher son regard. Se projeter dans un univers qui nous échappe dans sa rationalité. Ne plus être joignable. En oublier de se nourrir ou même de dormir pour se consacrer corps et âme à notre bouquin dévastateur. En oublier un peu les jolies phrases et la poésie. Se laisser dévorer par des mots alignés les uns aux autres, créant ainsi une alchimie envoûtante. Abandonner ses enfants à leur oisiveté. Lire, c’est suspendre son précieux temps. C’est aussi prendre le temps, c’est vivre enfin au présent dans un passé ou un futur façonné par son auteur.

L’horizon à l’envers, c’est un peu cela lire. Et Marc Levy nous y emmène.

Flirtant avec les avancées neuroscientifiques, trois étudiants se consacrent à la modélisation informatique du cerveau et de sa conscience. Atteinte d’une tumeur au cerveau, Hope fait perdre à ses deux compères les limites déontologiques liées à la recherche. Les émotions et les souvenirs numérisés d’un être humain peuvent alors réapparaître dans un corps en sommeil. L’horizon défie ainsi son infini laissant le champ libre à cet adage : « Rien n’est plus imminent que l’impossible. » Surgit alors de nulle part Melly, une pianiste virtuose. Et le livre recommence…

Non, pas trop de poésie à l’horizon. Oui, une histoire bleuette. Peu importe… Je suis saisie dès la première ligne, je me prends à rêver de cette magie de la science. Me voilà embarquée sans trop comprendre le lien entre ces deux histoires. Quand enfin, tout s’éclaire, l’émotion est palpable. La vérité fait mal et laisse à l’impossible son temps du bonheur. N’attendez plus, lisez.

 

L’œil du supporter : Reims – Bordeaux

Samedi 27 février 2016, 28e journée de Ligue 1.

 Stade de Reims (17e à 29 points)  –  FC Bordeaux (10e à 37 points)

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 Une abonnée vous fait revivre avec passion et depuis les travées de Delaune, l’ivresse de la victoire…

La cuvée prestige

Ce soir, c’est un match de cépages, chardonnay-pinot champenois contre merlot-sauvignon bordelais, qui se joue à Delaune. Sans préliminaires, Reims livre un pressing appuyé. Coups francs et corners récompensent les accélérations fulgurantes de nos attaquants De Préville et Bifouma. Le quart d’heure de folie passé, Bordeaux se bonifie et maîtrise le ballon. Le stade se chauffe aux « Qui ne saute pas n’est pas rémois ohé ! » quand soudain, Charbonnier s’écroule dans la surface, panne de sifflet pour un pénalty… Les Rouges s’obstinent, De Prévile offre un corner millimétré à son capitaine Mandi qui pique une tête victorieuse, 1-0.

Delaune scande « Allez les Rouges ». Le son monte. Les Girondins sont poussés à la faute par la vitesse supérieure des Rémois. Diego est excellent en arrière latéral gauche, Signorino déclaré forfait. Inspiré des dieux, le capitaine catapulte le pétillant Bifouma qui crochète, feinte, frappe un tir croisé et marque… C’est sublime. 2-0 et une petite chorégraphie en guise de signature. Quelle légèreté, quel talent ! Les Bordelais sont en dormance. Ça chauffe… Notre numéro 10 balance un boulet de canon boxé par le gardien qui sauve son équipe de la noyade.

Bordeaux patauge et les Rouges, concentrés, offensifs, font preuve de cohésion. Diego ajuste une belle frappe, Kankava récupère, Conte défend bien. Tous les joueurs sont dans le coup. Et par un enchaînement millésimé, Charbonnier, servi par Bifouma, marque le troisième buuut. 3-0, c’est du rêve. Le stade est en effervescence. Nos démons reviennent et les challengers à l’Europe réduisent le score par Ounas. 3-1. La confiance revient du côté de Saint-Émilion. Mais les bulles de champagne ne s’évaporent pas et nous portent chance. Grâce à un petit pont étincelant, Bangoura se retrouve seul face au portier éprouvé, et le chambre par un superbe quatrième but. 4-1. In vino veritas, « dans le vin la vérité », clament nos ancêtres latins. Champagne !

Marie-Agnès de Francqueville

Geyser

 

À brûle-pourpoint, connaissez-vous l’origine du mot geyser ?

Je vais rendre à César ce qui lui appartient et dédier mon article à mon cher Sébastien. 

De retour de cette terre de glace qu’est l’Islande, jaillissaient de son œil de lynx d’époustouflants paysages lunaires. Égarée au beau milieu de l’océan Atlantique, cette île volcanique se situe sur la dorsale médio-atlantique formant une chaîne titanesque de volcans sous-marins sur plus de 15 000 kilomètres ! Cette dorsale sépare ainsi les plaques tectoniques eurasienne et nord-américaine en perpétuel mouvement, s’écartant environ de deux centimètres par an. Criblée ainsi de volcans, et non de dettes, l’Islande demeure sans commune mesure le pays le plus actif au monde « volcaniquement » parlant. L’île est extrêmement inhospitalière dans ses « Hautes Terres centrales » perchées à plus de cinq cents mètres d’altitude et regorgeant de crevasses, failles et sables mouvants. À bon entendeur, salut !

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« L’Islande au beau milieu de l’Atlantique »

 

Dans ce pays de glace et de feu, de nombreux phénomènes géothermiques sont contemplés par des aventuriers cosmopolites, du touriste curieux au géologue chevronné. Les sources chaudes, allant de 30 à 100°C, proviennent de rivières souterraines chauffées par contact avec les roches volcaniques. Les fumerolles sont des fissures du sol d’où s’échappent des gaz volcaniques; les solfatares sont des fumerolles riches en soufre. Les mares bouillonnantes de boue se forment dans des cuvettes d’argile décorées de jolies bulles de gaz. Les geysers sont des sources d’eau chaude jaillissant par intermittence à la surface, s’accompagnant de dépôts minéraux tels que le soufre et la silice. 

Il n’est donc pas surprenant que le mot « geyser » tire sa source du plus célèbre geyser d’Islande nommé Geysir, et situé au sud-ouest du pays dans la vallée de l’Haukadalur. Geysir signifie : qui jaillit, et dérive du verbe islandais gjósa ou geysa, « jaillir », provenant lui-même du vieux norrois (vieil islandais) gøysa. Le geyser français, nom masculin, est un emprunt à l’anglais geyser. Ce mot s’élargit parfois au sens d’une grande gerbe jaillissante tel un geyser de pétrole ou même un geyser de sable (en Arabie Saoudite).

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Islande et site de Geysir

Le somptueux site de Geysir abrite deux geysers. Endormi depuis le début du XXe siècle, le Grand Geysir reprend de l’activité en l’an 2000 à la suite d’un séisme et jaillit à plus de 120 mètres de hauteur. Actuellement, quelques éruptions par jour sont à son actif. A contrario, le geyser de Strokkur, plus spectaculaire, est le plus grand « travailleur » d’Islande. Il entre en éruption toutes les huit minutes en propulsant une puissante colonne d’eau de 30 mètres de hauteur. À l’amorce de sa giclée, une magnifique bulle bleu turquoise apparaît. Cette couleur bleue est une couleur « physique » due à la diffusion de la lumière et à la présence de silice colloïdale formant un microprécipité en suspension dans l’eau. Au contact de la roche en fusion (ou magma), l’eau bouillonne à 200°C dans des réservoirs souterrains et provoque une pression telle que les vapeurs et les jets d’eau sont poussés à travers des conduits étroits et solides vers la surface. Par effet de convection (mouvement dû à une variation de température) et de libération de chaleur, la colonne d’eau et de vapeur façonnée par ces tunnels souterrains jaillit hors de terre en furie. Puis le panache s’effondre et l’eau refroidie revient dans son bassin. Un nouveau cycle va alors recommencer dans huit minutes… 

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Geyser de Strokkur et sa bulle bleue

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Geyser de Strokkur et sa vapeur crevant la bulle d’eau bleutée

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Geyser de Strokkur et son panache de gouttelettes d’eau

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Geyser de Strokkur haut de 30 mètres

Deux types de geysers existent. Celui de Strokkur est un geyser « fontaine » grâce à sa large colonne d’eau. Dans le parc national de Yellowstone aux États-Unis, le geyser Old Faithful, dit « le vieux fidèle », est un geyser « en cône ». Cette spécificité de forme s’explique par l’étroitesse de ses conduits. Il mérite bien son surnom en jaillissant très régulièrement, de 30 à 55 mètres de haut, environ toutes les 90 minutes. Il est l’un des geysers les plus célèbres au monde. 

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Geyser Old Faithful aux États-Unis

 

Dans ce même parc californien du Yellowstone, le geyser le plus haut du monde éclata le 31 juillet 2013 après s’être endormi huit années durant. Des visiteurs ébahis entendirent un rugissement des entrailles de la Terre et sentirent sous leurs pieds le sol trembler. Le Steamboat Geyser s’éleva à plus de 120 mètres, s’approchant divinement de la voûte céleste. Contrairement à son confrère Old Faithful, nul ne sait quand il surgira de nouveau. Son activité secrète lui confère une aura bien mystérieuse. 

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Steamboat Geyser

 

Le geyser masculin a son penchant féminin en la personne de la geysérite. Mot de minéralogie, une geysérite est un dépôt siliceux laissé par certaines sources d’eaux chaudes. Rappelons que la silice représente 60 % de la masse de la croûte terrestre continentale. La geysérite est une sorte d’opale, d’un blanc laiteux et bleuâtre, formée notamment par nos fameux geysers islandais. Même si notre couple de mots, geysérite et geyser, n’est pas des plus faciles à écrire sans fautes, ne nous plaignons pas devant la barbarie d’autres mots islandais… Le volcan qui paralysa le trafic aérien européen en 2010 fut un calvaire de prononciation pour tous les journalistes. L’Eyjafjallajökull (je rêverais de vous l’entendre dire…) se décompose par ey, »île », fjall, « montagne » et jökull, « glacier ». Il se traduit en français par « le glacier sur les montagnes proches des îles ». Pourquoi faire compliqué en français avec 38 lettres quand on peut faire simple avec 16 lettres islandaises ? Ce peuple scandinave n’a décidément pas froid aux yeux !

 

 

Krak, crack, krach, craque, crac et Crac’h !

Six homonymes en un mot quel que soit le crac choisi, c’est bien là un score de crack !

« Du haut de son krak, le crack des traders assiste, impuissant, en fumant du crack, au krach boursier. Ce n’était pas des craques, l’économie va mal, et un jour, crac, tout craquera même à Crac’h. »

Ne cherchez dans aucun dictionnaire, ces phrases inventées naissent sur « Écrire Ensemble » de ma modeste plume. 

Telle une bonne instit’, reprenons du début :

« Du haut de son krak, … » : le mot krak, nom masculin, nous vient de l’arabe karak, forteresse, et désigne une construction fortifiée construite aux XIIe-XIIIe siècles par les croisés (participants des croisades), en Palestine et en Syrie. Le krak des Chevaliers ou « krak de l’Hospital » est un des plus connus. Situé dans l’ouest de la Syrie, il fut géré par les chevaliers de l’Hôpital ou Hospitaliers de 1142 à 1271.

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Krak des Chevaliers en Syrie

Le krak des Moabites ou « karak à Moab » est un autre grand château construit en 1142 par le croisé Payen Le bouteiller et situé dans la ville de Kerak ou Al-Karak en Jordanie. Cette forteresse protégeait la Terre Sainte depuis les hauteurs surplombant la mer Morte.

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Krak des Moabites en Jordanie

« … le crack des traders assiste, impuissant… » : le mot crack, nom masculin, peut recouvrir quatre sens, soit quatre homographes (de même écriture). Du mot anglais « élite », un crack est un cheval de course performant au palmarès prestigieux.

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Canvas Plus, un crack de cheval

Familièrement, on parle d’un crack ou d’un as pour une personne qui se distingue par ses compétences dans un domaine précis. « …en fumant du crack, … » : en argot, le crack est une drogue très toxique, dérivé fumable de la cocaïne obtenu par cristallisation. Son nom provient du craquement sonore qu’il produit en chauffant. Enfin, un crack peut désigner un programme informatique conçu pour modifier le comportement d’un autre logiciel.

« …au krach boursier. » : le mot krach vient d’un mot allemand krachen, craquer signifiant au sens propre « craquement » et par extension, effondrement des cours des valeurs ou des marchandises, à la Bourse. Un deuxième sens en économie est la débâcle financière d’une entreprise. Le terme de krach boursier est apparu lors de la chute des bourses de Vienne et de Berlin en 1873. Il s’est répandu en France en 1882 à propos du krach de l’Union Générale, banque catholique française créée à Lyon en 1875. Stricto sensu (au sens littéral), l’expression de krach boursier est un pléonasme; cependant, les krachs obligataire et immobilier touchent d’autres marchés.

krach boursier

Krach boursier

« Ce n’était pas des craques, … » : familièrement, une craque est un mensonge excessif, une vantardise ou une histoire imaginaire. Ex. : Elle raconte des craques pour se faire remarquer.

« …l’économie va mal, et un jour, crac, … » : l’interjection crac est une onomatopée qui exprime le bruit d’une chose dure qui se casse, ou la soudaineté d’un évènement. Ex. : Crac ! la connexion s’est arrêtée. Populairement, on dit « faire crac-crac » pour « faire l’amour » en allusion au bruit supposé des lattes du lit. L’onomatopée « cric-crac » évoque des bruits de cassure ou bien une serrure qui se ferme. Le mot CRAC est utilisé en majuscules pour représenter des sigles. Quatre sigles CRAC sont répertoriés : Comité Radicalement AntiCorrida ; Centre Régional d’Art Contemporain ; Convention de Règlement Assurance Construction ; Camionnette de Réserve d’Air Comprimé. 

CRAC BOUM

« …tout craquera même à CRAC’H. » : le bourg de Crac’h se situe dans la presqu’île formée par la rivière de Crac’h et celle d’Auray en Bretagne. Son nom serait une variante de « Kreac’h », mot breton signifiant butte, colline. Les Crachois et Crachoises sont les heureux habitants de cette commune bretonne.

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La rivière de Crac’h

Dans notre belle langue française, les mots krak, crack, krach, craque, crac et Crac’h sont accompagnés par bien d’autres homonymes. Citons-en quelques-uns :

ras, rat et raz ;

mal, mâle et malle ;

mer, mère et maire ;

foi, foie, fois et Foix ;

chaos, cahot et K.-O. ;

héros, héro et héraut ;

sot, saut, sceau et seau ;

compte, comte et conte ;

vin, vain, vingt et vainc(s) ;

verre, vers, ver, vert et vair ;

soi, soie, soit, sois et soient ;

sang, cent, sans, sent et s’en ;

sain, saint, sein, seing et ceint;

mes, mais, mets, m’est et met ;

air, aire, ère, erre(s/nt) et hère ;

cerf, serf, serre, serrent, sers(t) ;

cour, court, cours, courre et courent ;

enfin, avec sept homonymes, les mots eau, au, haut, ho!, oh!, ô et os font office de cracks !

2surfers

Oh ! Que c’est haut ces vagues sur l’eau !