Posts by "Marie-Agnès"

L’œil du supporter : le derby Reims-Troyes, champagne !

Lundi 19 décembre 2016, 19e journée de la Domino’s Ligue 2.

Stade de Reims (6e à 30 points)  –  ESTAC Troyes (4e à 32 points)

a1447

Abonnée en tribune Jonquet, Marie-Agnès nous replonge, à travers la fidèle rubrique l’œil du supporter, dans la chaude ambiance d’un Delaune copieusement garni à l’occasion du derby champardennais.

Soir de Derby champardennais à Delaune pour un enjeu passionnant. Troyes peut décrocher le titre de champion d’automne, et Reims celui de dauphin de Domino’s Ligue 2. « Allez les Rouges. » Descendant du firmament, le Père Noël incarne le douzième homme sur le terrain. Et c’est parti, Reims montre les crocs. Le jeune Oudin injecte du sang neuf à l’attaque, adresse un bon centre capté par Samassa, le portier troyen. Diego fait de même à gauche. L’appétit est là. Berthier frappe au but, au-dessus. Troyes semble ailleurs. Baldé mord dans le ballon. « Ici c’est Reims » enchaînent les supporters. Berthier virevolte, passe en retrait à Baldé qui tire…sur le poteau ! « Aux armes. » Oudin décale Diego à gauche qui jette un bon coup d’œil et centre sur la tête dévastatrice de Baldé, BUT ! 1-0 pour le Stade. Et les Rouges ne lâchent rien. Baldé, intenable, aperçoit Oudin à l’affût, et qui marque, 2-0. Delaune laisse éclater sa joie.

Le spectre d’Orléans plane sur la pelouse. Pas deux fois, non ! Max, mon jeune acolyte de Jonquet, se réjouit de cette domination rémoise et du bon quadrillage du terrain. « On joue bien. » Troyes sort de sa léthargie, accumule les corners, sans concrétiser. Michel Der Zacharian exhorte le public à se déchaîner. Notre bloc défensif ne rompt pas à l’image d’Amiot qui tacle dignement. Baldé ne se lasse pas de tenter sa chance de loin. Sur un coup franc de Diego, la tête de Weber oblige Samassa à se coucher. Orgueilleux, les Aubois réagissent par Niane, co-meilleur buteur de la Domino’s, dont la tête s’envole de peu au-dessus de Carrasso. Notre portier orangé frissonne de nouveau avec un tir lourdement frappé par Paye qui s’écrase sur la transversale ! Ça chauffe. Les cinq dernières minutes du temps additionnel paraissent interminables. Les supporters chantent à tue-tête « Merci les Rouges ». La copie est parfaite, et le champagne à la fête.

Marie-Agnès de Francqueville, écrivain public
www.ecrirensemble.com

L’oeil du supporter : Reims-Laval, premier revers à domicile

Vendredi 18 novembre 2016, 15e journée de la Domino’s Ligue 2.

Stade de Reims (2e à 26 points)  –  Stade Lavallois (18e à 11 points)

supporters-2

SDR-LAVAL à travers la traditionnelle rubrique l’œil du supporter. 

Cette semaine, l’abonnée en tribune Jonquet, Marie-Agnès,  revient sur le manque de réalisme qui a conduit à la première défaite stadiste à domicile…

Quand Laval gagne, par deux fois seulement, le score est sans appel, 3-1, à domicile comme à l’extérieur. Alors, méfions-nous ! Il n’y a pas de match facile en football. Ne goûtons pas au bon fromage avant de l’avoir mérité. Le coup d’envoi fictif est donné par notre Miss Champagne Ardenne accompagnée de sa dauphine. Du podium de mode, passons au podium de la Domino’s Ligue 2.

Et c’est Reims qui engage, mais le pressing est lavallois. Trop relâché sans nul doute, le SDR relance mollement dans les pieds mayennais, opportunistes, qui ouvrent le but à leur milieu Alasanne N’Diaye. Carasso et Amiot sont battus. 0-1 dès la 7e minute de jeu. La stupeur traverse Delaune. L’entame est pour le moins calamiteuse. Mon voisin de la tribune Jonquet chante : « Notre équipe gagnera tant que nous aurons la foi. » Dans un froid sec, les Rémois sont frileux, attentistes, démunis d’accélérations, affolés en défense. Les Tangos sont en confiance, dynamités par leur nouveau coach Marco Simone. Kankava adresse un bon tir dévié qui rase le poteau. Traoré se démène pour centrer, sans résultat. Diego voit ses tirs s’envoler. L’arbitre siffle cette première période à l’unisson avec le public désenchanté.

Les Rouge et Blanc y croient toujours. Sur un centre bien dosé de Berthier, Diego plonge de la tête et heurte le second poteau. Quelle occasion ! Kankava se mue en une véritable plaque tournante de récupérations et de relances offensives, mais le collectif est absent ce soir. La frustration est palpable. Notre attaque semble se sauver à l’approche du ballon, c’est incroyable. Et le scénario va se répéter inexorablement à la soixante-douzième minute. Weber semble maîtriser le ballon, lorsque d’une légère pichenette du bout du pied, il se fait subtiliser le cuir par l’inépuisable N’Diaye qui fusille le portier rémois. 0-2. Le piège se referme. Notre capitaine s’allonge de tout son long, tel un acte de contrition. Amiot vient le consoler. Voilà un beau geste de sport. Le Stade de Reims n’abdique pas, mais les occasions demeurent stériles. Pour la première fois de la saison, les Stadistes s’inclinent à domicile. Souhaitons-leur d’être plus mordants et moins pusillanimes contre Nîmes, vendredi prochain.

Marie-Agnès de Francqueville, écrivain public
www.ecrirensemble.com

Et si on lisait… Chanson douce de Leïla Slimani, prix Goncourt 2016.

Les prix Goncourt me font peur. Peur de ne pas être à la hauteur, peur de ne rien comprendre, peur de ne pas savoir décrypter autant de références littéraires, peur de ne pas aimer aussi.

Mais cette Chanson douce, je l’avais choisie cet été, bien avant ce jeudi 3 novembre de la remise du prix. Une sympathie pour son auteur, un titre rassurant. Une rentrée littéraire prometteuse, c’est tout. Je l’avais feuilletée. Mais là, je m’y suis plongée et j’ai aimé, beaucoup. Un prix Goncourt simple à lire, accessible, ça existe. Et pourtant, cela commence mal, très mal. Je ne peux lire que le premier paragraphe. Ma sensibilité à fleur de peau, mue par mon histoire personnelle, ne peut se mesurer au talent de Leïla Slimani. Je triche, et passe au chapitre suivant où le tragique laisse place au récit, léger, facile, anodin presque. Oui, je ne relirai cette description du drame qu’après avoir partagé la dernière ligne : « Les enfants, venez. Vous allez prendre un bain. »  Et tout prendra sens.

Or du sens, il est ardu d’en trouver. La folie a-t-elle du sens ? Peut-on la défendre ? Dans un roman, tout est permis. Je m’attache à Louise, je la plains et l’envie, tout à la fois. Elle donne de soi, mais n’en reçoit jamais assez. Elle élabore une solution, sa solution : « Un nourrisson qui les tiendrait tout près les uns des autres, qui les lierait dans un même élan de tendresse. Qui effacerait les malentendus, les dissensions, qui redonnerait un sens aux habitudes. Ce bébé, elle le bercerait sur ses genoux pendant des heures, dans une petite chambre à peine éclairée par une veilleuse sur laquelle des bateaux et des îles tourneraient en rond… Les jours d’abattement succèdent à l’euphorie. Le monde paraît se rétrécir, se rétracter, peser sur son corps d’un poids écrasant. Paul et Myriam ferment sur elle des portes qu’elle voudrait défoncer. Elle n’a qu’une envie : faire monde avec eux, trouver sa place, s’y loger, creuser une niche, un terrier, un coin chaud. Elle se sent prête parfois à revendiquer sa portion de terre puis l’élan retombe, le chagrin la saisit et elle a honte même d’avoir cru à quelque chose. »

Lire jusqu’au délire, voilà où nous emmène l’auteur. Comme le dit si bien ma fille, Leïla Slimani a la « pression » pour son troisième roman !

L’œil du supporter : Reims-Le Havre, et de 6 victoires à domicile, olé !


Vendredi 28 octobre 2016, 13e journée de la Domino’s Ligue 2.

Stade de Reims (5e à 20 points)  –  Havre Athletic Club (3e à 22 points)

a245

Après la trêve internationale et deux déplacements consécutifs c’est le retour de l’habituelle rubrique l’œil du supporter.

Cette semaine l’abonnée en tribune Joncquet Marie-Agnès, ne boude pas son plaisir de retrouver  Delaune…

logo-le-havre

« 28 jours sans Delaune, toute une éternité. » Le Stade de Reims, déchu par l’AC d’Ajaccio (1-0) et rejoint au score par Lens (1-1), reçoit ce soir le Havre Athletic Club. Bienvenue à cette équipe symbolisée par la salamandre d’argent chère à François 1er, bâtisseur de la ville en 1517, et dont les couleurs bleu ciel et marine honorent les anciens étudiants d’Oxford et de Cambridge, fondateurs du club. Échouant au pied du podium l’an passé pour une remontée en ligue 1 depuis 2008, les Ciel et Marine sont actuellement troisièmes, forts de quatre victoires d’affilée.

Reims récupère le cuir dès le coup d’envoi. À l’attaque, Turan et Diego combinent habilement. Et sur un coup franc d’un Diego incisif, Chavarria profite d’un cafouillage pour extraire le bout de son pied et ouvrir le compteur à la 4e minute. 1-0 dans un Delaune enchanté par ce beau jeu retrouvé. Survoltés par un public en symbiose, les Rémois marquent un joli deuxième but. Je me lève, hystérique, mais non, hors-jeu. Peu importe, Diego arme une lourde frappe, hélas repoussée par le portier havrais. Le défenseur Chebake sonne le réveil normand en sollicitant une belle parade de Carrasso. Mais les Rouges sont intenables. Amiot de la tête, puis Baldé, sont aux portes du break du 2-0. Seulement Farnolle, très affûté, ne fait pas le mariole !

Ébranlés, les Ciel et Marine reprennent des couleurs à l’image de l’attaquant Gimbert. Bien lancé, son tir croisé est stoppé par le jaillissant Carrasso. Les Stadistes sont trop attentistes. L’égalisation se profile. « Arrachez-vous ! » lance mon voisin. On perd trop vite le ballon. Baldé retente une tête qui s’envole. Weber et Traoré s’arrachent en défense. Lens avait égalisé à la 84e minute, et c’est à la 83e minute, sur une jolie reprise aérienne havraise, que le poteau droit va nous sauver du nul. Ndom prend sa chance sans succès en fin de rencontre. Cette victoire aux forceps récompense l’excellent premier quart d’heure des Rouges et Blancs, et leur solidité défensive. Reims remonte sur le podium. Le public a joué son rôle de douzième homme en ne lâchant rien. Pour les supporters, hip hip hip hourra !

Marie-Agnès de Francqueville, écrivain public
www.ecrirensemble.com