Posts by "Marie-Agnès"

Les Rémois retournés comme des crêpes par Lorient !

Alors que les Rémois se sont inclinés d’une courte marge face au FC Lorient hier (0-1), stoppant ainsi une série de 11 matchs sans défaite, notre fidèle supportrice et écrivain Marie-Agnès vous fait, comme à l’accoutumée, le récit du dernier match des Rouge et Blanc…

« On y va avec de l’ambition. » Mickaël Landreau, le coach lorientais, donne le ton pour ce match du haut de tableau. Malgré les 16 points qui séparent les deux équipes, l’enjeu est de taille. Le Stade de Reims peut creuser l’écart et profiter des deux derniers faux pas des crocodiles nîmois à Ajaccio, puis au Havre. Et surtout les Stadistes auront à cœur de surfer sur leur vague de sept victoires d’affilée. Quant à Lorient, il reste en embuscade dans le wagon de tête. Tout droit venus de l’élite, leurs arguments offensifs sont réels avec la troisième meilleure attaque de Ligue 2. Que le meilleur gagne !

Les Rémois sont à l’offensive et Lorient enchaîne les mauvaises passes en ce tout début de rencontre. Le fougueux Diego centre pour son capitaine Da Cruz qui ajuste un joli tir, hélas contré. Mais les Merlus s’organisent et gagnent leurs duels du milieu de terrain. Ils pressent haut. Carrasso est à la parade sur une tête croisée et bien cadrée. Le ton est donné. Le match s’annonce serré. Le Stade subit et les visiteurs maîtrisent le cuir, sans se créer de nouvelles opportunités franches. Il faut attendre la demi-heure de jeu pour que Delaune retienne son souffle. Notre portier est indéniablement battu par un lob breton qui passe…à côté du but. Quelle occasion manquée pour les Noirs et Oranges ! Les Rémois défendent corps et âme. Les tirs manquent de précision. Le jeu est décousu. Soudain, Diego s’écroule dans la surface. Le penalty est aussitôt sifflé. Siebatcheu s’élance pour augmenter son compteur…et rate ! Aïe ! Toujours 0-0 à la pause.

La tension monte à Delaune. Le match peut basculer à tout moment. Reims est en manque de jeu constructif et court derrière le ballon, telle une âme en peine. Les Lorientais ont la main mise sur le cuir sans vraiment être incisifs. Les tentatives fuient le cadre jusqu’à cette lointaine frappe bretonne très appuyée obligeant Carrasso à la claquer en corner. Les supporters sentent le danger, d’autant que les Rouge et Blanc reculent. Les coups francs demeurent stériles de part et d’autre. Le suspens persiste, mais le jeu laisse à désirer. Sur une passe lumineuse de l’expérimenté Merlu Lemoine, le latéral droit Steven Moreira vient crucifier Reims en marquant à la 81 minute. 0-1 pour Lorient. Allez, dix minutes pour égaliser ou en mettre deux ! On y croit… ou pas. Lorient joue la montre et les esprits s’échauffent. Les Stadistes jettent leurs dernières forces à l’image de Métanire qui centre pour Chavarria, puis Kyei et enfin Ngamukol. Mais ça ne rentre pas et les Champenois s’inclinent, retournés comme des crêpes par les Bretons! Saluons toutefois que leur dernière défaite remonte au 13 octobre 2017 lors de la onzième journée de championnat. Ce n’est qu’un faux pas. Allez les Rouge !

Marie-Agnès Girault-de Francqueville

Première courte victoire en 2018 du Stade de Reims contre Tours

Mardi 16 janvier 2018, 19e journée de la Domino’s Ligue 2 

Stade de Reims (1er à 47 points) – Tours FC (20e à 6 points)

oeil du supporter

Alors que les Rémois se sont imposés d’une courte marge face à Tours mardi (1-0), notre fidèle supportrice et écrivain Marie-Agnès vous fait, comme à l’accoutumée, le récit du dernier match des Rouge et Blanc…

Un abîme de points et de victoires sépare le Stade de Reims du Tours FC. Néanmoins, les Tourangeaux réalisent un bon parcours en coupe de France tandis que Reims n’est plus en lice. Qualifiés pour les 16e de finale, les joueurs du coach portugais Jorge Costa, nommé en novembre 2017, rencontreront la lanterne rouge de Ligue 1, le FC Metz. Ils pourront compter sur le renfort de l’ancien champenois Antoine Devaux, auteur de 145 matches avec le Stade de Reims, dont 131 en Ligue 1. Ce n’est pas rien. Merci Antoine et bon vent en Touraine ! Méfions-nous de ce match piège où les uns jouent la montée dans l’élite et où les autres veulent inverser cette spirale infernale.

C’est parti ! Le côté gauche rémois se met aussitôt en verve avec un débordement de Kamara qui lance Diego pour un centre, sans réussite. Tours aligne de jolis arguments et obtient le premier corner. Sur coup franc, Diego adresse un excellent centre qui pique sur la tête du défenseur Jeanvier et qui marque ! Buut ! La tête plongeante est imparable. Les Stadistes prennent en main leur destin dès le premier quart d’heure. Reims 1, Tours 0. Métanire semble touché, mais il revient sur son flanc droit. Diarra, l’attaquant tourangeau, hérite du ballon dans la surface, prêt à fustiger Mendy. Son tir rate le cadre. C’est une belle occasion manquée. Chavarria, fort de son but à Orléans, opère un pressing entre gardien et défenseur et finit par obtenir une touche. Sa ténacité est irréprochable. Abdelhamid reprend de la tête un corner parfaitement adressé par Diego. Le cuir fuit le cadre, dommage ! Kamara décale subtilement Oudin qui frappe au but. Le portier dégage en corner. Sur un centre du pétillant Mancini, Tours est tout proche de l’égalisation. C’est sans compter sur le sauvetage in extremis de notre infaillible gardien Mendy qui s’écroule dans le petit filet, après sa pichenette salvatrice. L’arbitre féminin de ce match siffle la mi-temps.

À la reprise, le FC Tours montre ses crocs et affole la défense locale. Chavarria tente sa chance, largement au-dessus. Le break se fait languir. Le spectre de l’égalisation pointe nerveusement. Les passes champenoises sont approximatives. Le match devient poussif pour le leader. Tours ne lâche rien. Le temps additionnel prolonge le suspens. Les dernières forces sont jetées d’un but à l’autre. Ngamukol, entré en toute fin de partie, amène sa fraîcheur qui rime avec danger. Mancini, le remuant Tourangeau, frappe une splendide reprise de volée repoussée par Mendy. L’attaquant numéro neuf Clémence reçoit la balle de match dans ses pieds, mais dévisse son tir. Quelle occasion ! Tours aura manqué d’arguments offensifs, sans démériter. La victoire rémoise est mince, mais les trois points sont dans l’escarcelle des Rouge et Blanc. La ligue 1 cligne de l’œil et… la vigilance aussi.

Marie-Agnès Girault-de Francqueville

Le Stade de Reims en indiscutable champion d’automne de Ligue 2, champagne !

L’ŒIL DU SUPPORTER

Samedi 16 décembre 2017, 19e journée de la Domino’s Ligue 2 de 2017-2018.

Stade de Reims (1er à 41 points) – Valenciennes FC (11e à 25 points)

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On débute cette semaine avec notre fidèle supportrice et écrivain Marie-Agnès qui vous fait, comme à l’accoutumée, le récit de ce dernier match de l’année à Delaune qui s’est soldée par une large victoire des Rouge et Blanc face à Valenciennes…

Fêter Noël dignement et finir en beauté ! Tel est mon souhait pour ce dernier match à Delaune avant la trêve hivernale. Le Stade de Reims est d’ores et déjà champion d’automne. Champagne ! Oui, mais comme le dit notre coach, « cela ne compte pas au palmarès ». Alors, tordons le cou au cygne de Valenciennes, symbole de cette ville dont le nom ancien fut « Val en cygnes ». Méfions-nous de cette équipe capable de battre largement Lorient et dotée de deux buteurs redoutables, le jeune attaquant sud-africain Mothiba et le milieu de terrain Roudet. Ne leur faisons pas de cadeaux !

Plus incisifs que les Rémois, VA met le turbo en ce début de rencontre. Le meneur de jeu nordiste, Sébastien Roudet, décale Karaboué sur la droite qui fustige Mendy de son pied droit. But pour les visiteurs, mérité pour cette bonne entame de match. 0-1. Reims est cueilli à froid. Delaune espère une réaction de son équipe, qui ne tarde pas. Chavarria glisse du bout du pied le cuir à Siebatcheu qui trompe Perquis. But de l’égalisation 1-1. Les supporters sont rassurés et reprennent en chœur : « Qui ne saute pas n’est pas rémois, olé ! » Reims se relance, et le beau jeu collectif valenciennois nous donne un beau match en spectacle. Soudain, une voix résonne : « Créé en 1931, 31e minute de jeu, une minute d’applaudissements pour le Stade de Reims ». Delaune s’exécute. Le pressing des Stadistes monte d’un cran. Koné régale de ses gestes talentueux. Guion parle à ses joueurs. Et sur une passe d’Oudin, Siebatcheu ajuste une frappe croisée qui se loge dans la lucarne. Buut ! 2-1 pour nous ! Reims n’est pas rassasié, loin de là. Toujours à l’offensive, Koné passe à Siebatcheu qui talonne pour Chavarria et qui maaarque ! 3-1. Ce match est fantastique.

À la reprise, je m’étonne de la sortie de Mothiba, l’arme fatale de VA. Peut-être pour « limiter la casse »… Le repli semble de mise chez les Bleu Marine. L’arbitre surplombe les joueurs du haut de son crâne dégarni et économise les cartons. Mendy s’emploie à dévier un bon tir de l’affûté Karaboué. Oudin répond d’une frappe cadrée et repoussée en corner. Diego sprinte, tel un guépard affamé, tandis que Martin s’entraîne aux accélérations juste devant la tribune Jonquet. À peine rentré en jeu, Martin adresse un centre millimétré pour la tête de Siebatcheu qui maaarque. 4-1 ! Le voilà le triplé pour le meilleur buteur du Stade, désormais à 9 réalisations. Clameurs à Delaune : « Aux armes ». Encore lancé superbement par Martin, Chavarria transperce la défense nordiste et poignarde le gardien en inscrivant son doublé. 5-1 ! La note est salée pour l’équipe au cygne emblématique qui coule inexorablement. Les Rémois sont en parfaite symbiose ce soir. La défense des Rouge et Blanc ne lâche rien, solide comme un roc. Reims signe sa quatrième victoire d’affilée et s’envole comme une feuille d’automne dont il est l’indiscutable champion. Joyeux Noël.

Marie-Agnès Girault-de Francqueville

 

DEUX PETITS PAS SUR LE SABLE MOUILLÉ d’Anne-Dauphine Julliand

Ce livre est un témoignage qui vous prend aux tripes. Dès qu’il s’agit d’enfants malades, c’est inévitable.

La maman raconte la découverte et l’évolution de la maladie de sa fille Thaïs, alors âgée de deux ans.

C’est une maladie orpheline incurable détruisant pas à pas le système nerveux.

Enceinte de son troisième enfant, Anne-Dauphine revit la même épreuve.

Malgré le sort qui s’acharne, les parents de Thaïs lui promettent de l’accompagner et de l’aimer en ajoutant de la vie aux jours quand on ne peut plus ajouter de jours à la vie.

Paru en mars 2011, Deux petits pas sur le sable mouillé reçoit le prix Paroles de patients en octobre 2011 ainsi que le prix Pèlerin du témoignage en 2013.

Véronique Lerebours – Girault

D’une expression à l’autre : Se réduire comme une peau de chagrin

Notre expression du jour n’a point de chagrin en larmes mais du chagrin en cuir.

« Se réduire comme une peau de chagrin » évoque toute chose qui diminue sans relâche et tend à disparaître.

« Nos espoirs de retrouvailles se réduisent comme une peau de chagrin au fil des minutes assassines. »

Et même si l’espoir déçu fait verser des larmes, notre peau de chagrin, elle, a le cuir dur.


Remontons au XVIe siècle pour déchiffrer l’étymologie de notre chagrin.

C’est au mot turc sagri que nous devons nous raccrocher. Il désigne la croupe d’un animal, pour autant dire son postérieur.

Par métonymie ou glissement de sens, la croupe s’étend à la peau bestiale, surtout celle de l’âne ou de la mule.

Ainsi naît la « peau de sagrin » qui se transforme à l’usage du parler populaire en « peau de chagrin ».

Douée d’élasticité et de solidité, cette peau, sorte de cuir, sert à la confection de tambours, de chaussures et de reliures de livres.

Tout d’abord mouillée, puis étirée, la peau de chagrin recouvrant un tambour rétrécit en séchant.

Par cette formule, la langue française s’inspire tout naturellement de ce phénomène physique.

 

 Notre billet littéraire pourrait s’achever là.

Or notre expression prend son envol par la plume de Balzac qui, en 1831, publie un conte philosophique et fantastique,

LA PEAU DE CHAGRIN.

Raphaël de Valentin, très pauvre orphelin, vit hanté par l’écriture de sa grande œuvre, la « Théorie de la Volonté ».

Découragé, il veut en finir avec son existence lorsqu’il rencontre un étrange antiquaire qui lui fait cadeau d’une peau de chagrin.

Balzac Peau de chagrin

– Retournez-vous, dit le marchand, en saisissant tout à coup la lampe

pour en diriger la lumière sur le mur qui faisait face au portrait,

 et regardez cette Peau de Chagrin, ajouta-t-il.

Des paroles mystérieuses sont incrustées dans la peau merveilleuse.

Extrait-de-La-Peau-de-chagrin-p-117

Ce talisman offre à son porteur le pouvoir magique d’exaucer ses vœux.

Seulement, à chaque fois qu’un désir se réalise, la peau vient à rétrécir tout en rongeant la vie de son propriétaire jusqu’à sa mort inéluctable.

Le vieil homme dit gravement:

Le mot de sagesse ne vient-il pas de savoir?

Et qu’est-ce que la folie, sinon l’excès d’un vouloir ou d’un pouvoir?

Eh! bien, oui, je veux vivre avec excès, dit Raphaël en saisissant la Peau de chagrin.

Jeune homme, prenez garde, s’écria le vieillard avec une incroyable vivacité.


Balzac met en lumière l’ampleur du paradoxe entre la volonté et le destin,

entre une vie merveilleuse mais courte ou une vie modeste et longue.

Raphaël, lui, a fait son choix, celui de la passion.

Et sa vie s’amenuise comme sa peau de chagrin.


Marie-Agnès Girault-de Francqueville